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Conférence d'Ibu Rahayu,
Rencontre spirituelle au campus Wisma Subud
Cilandak, Indonésie, le 16 décembre
1999 - Code 99 CDK 4
Traduction provisoire de Raymond Lee (1)
L'alternative au présent format est la présentation en format PDF
FRÈRES ET SOEURS, comme nous jeûnons,
j'espère que vous ne vous fatiguez pas. Je vous prie de
vous détendre et j'en ferai tout autant moi-même
afin que nous ne nous imposions rien qui devienne un fardeau.
Mesdames et messieurs, respectés frères
et soeurs, que la paix et les bienfaits de Dieu Tout-Puissant
soient avec vous. Ce matin nous avons commencé la rencontre
spirituelle, il n'est donc pas déplacé de donner
quelques conseils relatifs à l'âme et au latihan
.
Quant au mot 'rencontre', il signifie que
nous nous regroupons pour être unis et unir nos sentiments
les uns envers les autres. Cette rencontre peut être utile
à tous dans la pratique de cet entraînement de l'âme
ainsi que dans la pratique du contact avec notre âme dans
notre vie quotidienne.
Car le fait est que si nous ne faisons que
le latihan pour ensuite retourner à la maison, il
semble que cela ne soit pas suffisant pour donner de la substance
au contenu de ce lien avec notre âme, ni pour mettre en
pratique le contenu de ce latihan dans nos relations avec
les autres.
Mais cette rencontre n'aura aucune valeur
si nous n'en mettons pas le contenu en pratique. Quand donc alors
? Quand donc allez-vous commencer ou essayer de mettre en pratique
ce qui est voulu pour vous dans votre entraînement spirituel
?
Nous ne pourrons y arriver que si chacun de
nous est d'accord et a l'intention de mettre en pratique ce qui
est voulu pour lui dans son latihan.
Par exemple, lors d'une rencontre comme celle-ci,
vous êtes unis et vous résolvez les problèmes
en paix. Mais quand arrivent vos tâches quotidiennes, vous
n'êtes pas capables de vous mettre dans l'état où
vous étiez pendant la présente rencontre. Le résultat
en est que certains d'entre-vous se sentent rapidement être
vaincus, offensés ou flattés. Cela signifie que
votre but ou ce que vous mettez en pratique pendant la présente
rencontre ne peut pas être mis en pratique dans vos activités
quotidiennes.
Voici donc un petit supplément, frères
et soeurs, sur la signification et la nécessité
des rencontres. Et surtout, comme cette rencontre est une «rencontre
spirituelle», elle a donc un signification profonde. Parce
que nous devons unir les sentiments de beaucoup de personnes avant
de pouvoir atteindre un résultat qui soit à la fois
utile et noble pour vous dans vos relations avec les autres et
dans la vie de notre association spirituelle.
Frères et soeurs, je vais maintenant
commencer à expliquer le mot jiwa ou âme.
Vous avez probablement tous entendu parler ou vous savez tous
ce qu'est l'âme ; mais peut-être que la plupart d'entre-vous
ne le savez pas encore. Même si vous faites le latihan,
vous ne savez pas ce qu'est l'âme.
L'âme est la force de vie qui se manifeste
dans une nature venant de Dieu. Oui, parce que nous sommes des
êtres humains, dans notre cas cela se manifeste par une
nature humaine. Nous n'en connaissons pas l'origine, mais cette
essence de Dieu est au sein de l'être de l'homme. Toute
nature venant de Dieu possède une âme et ainsi l'âme
est donc la force de vie, la force de vie dans chaque nature venant
de Dieu. Et nous savons que les natures de Dieu ne prennent pas
que la forme des êtres humains, mais que tout ce Dieu crée
possède une nature venant de Dieu.
Ainsi, la partie de l'être humain qui
est encore pure ou sainte est cette essence venue de Dieu. Mais
nous ne pouvons plus dire que l'âme est pure. Car pendant
sa croissance (ou formation), l'âme est touchée par
les influences de son environnement, les influences héritées
et les influences du monde. Pourquoi est-elle affectée
par le monde ? Parce que depuis qu'elle existe, nous ne pouvons
pas être assurés qu'elle soit humaine, ou qu'elle
ait la nature d'une âme humaine ou qu'elle soit réellement
votre âme.
Nous ne pouvons donc pas déclarer :
«Oh ! Mon âme est pure et complète !»
Si cela était vrai, vous n'auriez aucun besoin de ce
latihan. C'est parce que vous possédez une âme
qui participe encore à un processus que vous-même
devez compléter que vous faites le latihan, que
nous avons ce latihan.
L'arrivée de ce latihan a commencé
quand Bapak a eu une révélation de Dieu sur la manière
dont, en relation avec le développement humain, l'âme
peut être touchée directement par le pouvoir de Dieu
Tout-Puissant.
Sans la grâce de Dieu Tout-Puissant,
cela est impossible. C'est pourquoi nous devons ou avons besoin
d'être reconnaissants d'avoir reçu une clé
ou contact que d'autres personnes ne peuvent peut-être pas
obtenir.
C'est parce que ce latihan n'est pas
seulement un processus pour vous développer vous-même,
c'est aussi votre adoration du pouvoir de Dieu Tout-Puissant.
Pourquoi est-ce une «adoration»
? Parce que quand vous faites le latihan, vous abandonnez
tout à Dieu de sorte que c'est Dieu qui vous guide et vous
conduit directement.
Si nous regardons autour de nous, nous voyons
d'autres personnes pratiquer une sorte de latihan ou qui
ont une expérience semblable dont le but est de se rapprocher
de Dieu de toutes sortes de manières. Ces dernières
semblent être les mêmes que ce que nous pratiquons
dans le Subud, mais peut-être ne savez-vous pas ou ne pouvez-vous
pas encore dire quelle est la source des forces qui accompagnent
ces pratiques.
Car si ces forces viennent de l'être
même de la personne, il y donc plusieurs types de forces.
Ne supposez donc pas que ces forces viennent de l'extérieur
de vous-même alors que vous les tirez peut-être de
votre propre moi intérieur ; mais en agissant ainsi, vous
les utilisez d'une manière erronée.
Car c'est comme ce que vous avez peut-être
lu dans les causeries de Bapak ou ce dont vous avez peut-être
fait l'expérience vous-mêmes ou dont vous êtes
devenus conscients bien que cela soit difficile à assimiler,
à comprendre ou à saisir.
Laissez-moi vous expliquer ici que c'est pourquoi,
quand vous lisez les causeries de Bapak, ne les lisez pas qu'une
ou deux fois en étant satisfaits de cela. Car il se peut
que vous ne puissiez pas saisir la pleine signification de ce
que Bapak voulait dire.
Car on y trouve l'explications qu'en plus
du corps grossier, nous avons aussi des corps subtils ou des moi
inférieurs qu'on désigne sous le nom de sukma.
Si vous n'êtes pas attentifs, peut-être ne pouvez-vous
pas faire la différence entre votre âme et ces corps
subtils.
Les Javanais disent : Ajineng nyowo.
Nyowo veut dire 'âme' et aji veut dire la
valeur de l'âme et ces mots assemblés signifient
que l'âme est plus élevée que les corps subtils.
Pourquoi ? Parce que ces corps subtils mentionnés ci-dessus
(et vous pouvez ressentir tout cela par vous-mêmes) ces
corps subtils ou moi inférieurs, occupent le coeur humain
où ils font naître nos désirs, c'est-à-dire
les nafsus. Si nous allons plus loin, on trouve qu'il
y a cinq niveaux de forces inférieures. Vous avez peut-être
lu quelque chose à ce sujet mais peut-être ne le
comprenez-vous pas encore !
Oui, je vous dis ces choses parce que certains
d'entre vous ont lu à ce sujet ou doivent même le
traduire, mais vous ne comprenez pas ce que cela veut dire.
Donc, ces corps subtils ou forces inférieures
sont encore des manifestations de notre propre coeur et viennent
des quatre forces inférieures : la passion noire, aluamah,
la passion rouge, amarah, la passion jaune, rupiah
et la passion blanche, mutmainah. Toutes ces dernières
proviennent ou résident dans notre propre coeur où
elles se manifestent comme étant nos corps subtils.
C'est donc par le développement de
notre moi inférieur que nous obtenons la cartomancie, l'hypnotisme,
le spiritualisme, etc. Mais, frères et soeurs, ce que nous
obtenons de ces corps subtils est en réalité un
obstacle à notre recherche de la voie vers Dieu, la voie
qui est tellement et tellement plus élevée que ce
monde-ci. Nous pouvons dire que si vous possédez certains
pouvoirs ou que si vos expériences ne proviennent que des
corps subtils, ils ne peuvent servir qu'en ce monde et que vous
ne pouvez les emporter plus haut que ce monde.
Ou vous pourriez, par exemple, rencontrer
le corps subtil d'un saint. Vous y croyez vraiment parce qu'il
s'agit de l'être inférieur d'un saint et vous croyez
que ce saint vous guidera ou vous conduira vers Dieu. Mais il
ne le peut pas parce qu'il n'est qu'un être inférieur
et qu'il ne peut pas aller au delà de ce monde.
Donc si, par exemple, vous méditez
souvent ou pratiquez l'abnégation dans un endroit retiré
et qu'à la fin un être inférieur entre en
contact avec vous, le moi inférieur du sultan Agung par
exemple, vous vous sentez très fier. «J'ai été
approché par le sultan Agung et il m'a parlé !»
direz-vous. Mais vous ne vous rendez pas compte que tout ce
que vous avez vu là n'était qu'un être inférieur.
Tiens, pour ne pas aller trop loin, disons
que c'est Bapak qui s'adresse à vous. Vous entrez en contact
avec l'un des moi inférieurs de Bapak. Cela ne veut pas
dire que c'est là le Bapak qui peut vous emmener sur la
voie de Dieu. Le Bapak qui peut vous y emmener est le Bapak qui
est guidé par Dieu et non pas par les forces inférieures.
Eh ! Bien, c'est là une explication
profonde, frères et soeurs, aussi n'y pensez pas. Mais
il s'agit d'une réalité par laquelle vous passerez,
dont vous ferez l'expérience vous-même comme membre
du Subud qui vous entraînez dans la voie spirituelle.
Donc, par exemple, l'un d'entre vous peut
rencontrer quelqu'un qui possède un moi inférieur
puissant qui vous donne quelque pouvoir. Il en résulte
que vous devenez un devin ou un médium célèbre.
Cela arrive souvent. Alors, naturellement, vous ne serez pas
capable de dire si votre pouvoir vient de Dieu ou des passions
de la personne que vous avez rencontrée.
Car en vérité, cela se produit
souvent. Comme conséquence de votre développement
dans le latihan, plusieurs d'entre vous font l'expérience
de choses qui sont au-delà de la pensée humaine.
Par exemple, vous pouvez voir ceci ou cela ou rencontrer celui-ci
ou celui-là. Et vous me questionnez alors sur ce que je
viens de dire.
Prenez, par exemple, le frère Kadir.
Il a eu bien des expériences. Il raconte qu'il a reçu
la visite des prophètes. Et il m'a donc demandé
si cela était réel ou non. «Oui», lui
ai-je répondu, «c'est réel.» Donc ses
expériences pendant le latihan étaient réelles.
La signification de 'réel' concerne ce que vous recevez
pendant l'exercice.
Que devrions-nous alors faire à ce
sujet ? Tout ce que nous pouvons faire est de recevoir. Nous
recevons et point n'est besoin d'en discuter. Si vous en parlez
et en discutez avec des personnes qui n'ont pas eu ce genre d'expérience,
cela deviendra une invention ; la nature de votre expérience
changera ; elle ne viendra plus de votre âme mais deviendra
une fantaisie de votre intellect.
Vous finissez par donner ce que vous ne deviez
que recevoir. Car votre rôle en est un de témoin.
De témoin seulement ! Vous n'avez pas à y réfléchir
ou à y chercher une signification. Si vous en chargez
votre intellect, vous ne serez pas assez forts et vous deviendrez
ce que les gens appellent 'fous'. Donc contentez-vous de le recevoir
et de le soumettre à Dieu afin que cela ne devienne pas
un fardeau pour vous.
C'est pourquoi nous avons besoin de ce genre
de rencontres pour que vous ayez un endroit où diriger
ou passer ce que vous avez reçu à d'autres, à
un groupe de personnes qui écouteront. Remerciez Dieu
si l'un d'entre eux a eu la même expérience, car
vous vous sentirez alors à l'aise et cela diminuera le
fardeau de votre expérience.
Laissez-moi aller plus loin. Par exemple,
Kadir a eu l'expérience que tout dans l'univers, tout ce
qui a été créé, est en mouvement.
Il a été témoin que tout était en
mouvement. Il m'a donc demandé si cela était vrai
ou non. «Oui», ai-je répondu, «c'est vrai.»
Il m'a alors demandé : «Ibu, pourquoi ne parlez-vous
jamais de vos expériences, pourquoi ne nous racontez-vous
pas vos expériences ?» Eh! Bien, en vérité,
cela n'est pas nécessaire parce qu'on m'a dit, je comprends
que je n'étais qu'un témoin. Et peut-être
que la valeur de mes expériences est que si quelqu'un me
questionne, je peux répondre : «Parce que j'en ai
moi-même été témoin.» Il a eu
plusieurs expériences que j'ai eu moi aussi, je puis donc
confirmer que ses expériences étaient réelles.
Et alors vous allez vous plaindre et dire
: «Si j'ai une expérience, à qui puis-je le
dire ? Puis-je rencontrer Ibu et le lui dire à chaque
fois ?» Eh ! Bien, je n'en ai pas le temps. Si je devais
écouter toutes vos expériences, cela n'aurait pas
de fin. Voyez-y donc comme je viens de l'expliquer. Si nous
recevons quelque chose, recevons-le, car on nous demande d'en
être témoin. Et c'est ce que Bapak avait conseillé.
Aussi ceux d'entre vous qui êtes témoins
de la grandeur de Dieu, grâce au latihan du Subud,
sont les témoins du fait que tout ce que Bapak nous a dit
n'est pas une fable et que ce n'est pas seulement Bapak qui pouvait
en faire l'expérience, non ! C'est pourquoi Bapak espérait
que vous deviendriez les témoins du fait que le Subud vient
réellement de Dieu. Le Subud ne consiste donc pas seulement
à faire des mouvements et ensuite, quand vous en avez assez,
de le quitter parce que vous ne comprenez pas ou ne pouvez pas
vous servir du latihan que vous faites.
Frères et soeurs, comme cette conférence
est plutôt profonde et que nous jeûnons encore, je
pense qu'il est préférable de ne pas la prolonger
encore trop longtemps. Nous devons nous souvenir de maintenir
notre capacité dans un état d'équilibre.
J'espère donc que ce que j'ai expliqué
aujourd'hui sera reçu par vous avec un sentiment d'ouverture.
À ceux qui n'ont encore rien reçu du latihan,
je dis de ne pas le regretter ou de ne pas se sentir coupable
ou incompétent, parce que tout dépend du pouvoir
de Dieu. Nous abandonnons tout à Dieu pour ce qui est
de ce qui fera partie de notre être.
C'est tout, frères et soeurs. Puisse
la paix et les bienfaits de Dieu Tout-Puissant être avec
vous et j'espère que vous serez capables de maintenir votre
jeûne jusqu'à ce que le moment de le briser se présente.
Merci !
(1) Le présent texte français
est la traduction, par Michel Rousseau (Canada), de la traduction
anglaise provisoire, elle-même traduite de l'indonésien.
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