Conférence d'Ibu Rahayu, donnée au

Campus Wisma Subud, Cilandak, Indonésie, le 25 septembre 1999

pour la rencontre spirituelle de la jeunesse subudienne - Code 99 CDK 3

Traduction provisoire de Raymond Lee

L'alternative au présent format est la présentation en format PDF

QUE LA PAIX et les bienfaits de Dieu Tout-Puissant soient avec vous. Respecté président de l'association Subud Indonésie, respectés aides et bien-aimés frères et soeurs, je désire vous remercier de votre invitation à donner un thème à la présente rencontre : il s'agit donc de la rencontre spirituelle de la jeunesse subudienne.

Ces jours-ci le mot 'rencontre' est populaire dans le Subud parce que le mot 'rencontre' est largement utilisé et largement compris par les membres, ici en Indonésie et outre-mer. C'est parce que le mot 'rencontre' a une signification vaste et donne un sentiment d'harmonie.

Aujourd'hui en est un exemple. Bien qu'il s'agisse d'une rencontre des jeunes du Subud, il y a beaucoup plus... ou plutôt la plupart d'entre-vous sont des membres assez âgés et, peut-être que vous n'êtes plus jeunes.

Eh ! Bien, vous êtes ici pour diverses raisons. Certains sont curieux de savoir ce qui sera discuté à cette rencontre des jeunes. Certains ont des fils et des filles et désirent savoir ce que les enfants subudiens devraient faire. Et d'autres sont ici parce qu'un jour ils furent jeunes.

Donc, frères et soeurs, comme je l'ai dit auparavant, dans le domaine de l'âme il n'y a pas de différence entre jeunes et vieux. En vérité, comme êtres humains, nous avons deux devoirs en ce monde. Le premier est de nous préparer à développer notre âme pour que nous puissions plus tard retourner vers Dieu, comme Il le voudra. Bien sûr, ce processus spirituel ne peut pas être expliqué rapidement parce que chaque âme doit en faire l'expérience dans sa totalité, c'est-à-dire que chaque âme passe par des processus qui n'ont pas de fin, pas de limites.

Aussi sur cette voie spirituelle, que nous soyons vieux ou jeunes, nous n'avons besoin d'aucune méthode ou étude pour faire des progrès spirituels parce que c'est là le travail de Dieu dans l'âme humaine. C'est pourquoi, comme je viens de le dire, notre travail ne consiste qu'à nous préparer avec patience, acceptation et abandon, parce que Dieu seul est Celui qui peut ou est capable de travailler sur votre âme.

Le second devoir est de voir aux besoins de notre vie humaine. Comme nous sommes en vie, nous avons évidemment des besoins pour vivre. Cela donne naissance à nos obligations de gagner notre vie et de porter la responsabilité d'être humain en ce monde.

Bien que ces deux devoirs soient reliés, notre approche envers chacun est différente. Pour ce qui est de la croissance de notre âme, il suffit de nous abandonner. Mais pour ce qui est du deuxième devoir, les êtres humains doivent travailler, faire des efforts, se servir de leur intellect et de tout le reste dont Dieu les a équipés.

Dans la vie subudienne, vous n'êtres pas censés tout centrer seulement sur le spirituel, avec le résultat que plusieurs d'entre-vous pensent qu'après être venus au Subud, vous ne deviez vous concentrer que sur votre développement spirituel. Il n'en est pas ainsi ! Comme êtres humains vivant dans le monde, nous devons travailler avec ce que nous avons, chacun selon nos capacités.

Pourquoi, au sein du Subud ou de l'organisation du Subud, séparons-nous les jeunes en ayant une aile pour les jeunes : la Jeunesse du Subud ? C'est pour donner l'occasion à leur croissance spirituelle d'être inspirée dans un environnement qui soit en conformité avec la nature des jeunes, chose qui fait partie du passé des membres plus âgés.

Cela ne veut pas dire que les membres plus âgés doivent donner pleine liberté aux jeunes, ou que les jeunes doivent être indépendants des membres plus âgés. Car pendant que vous menez votre vie, la vie est remplie de risques et remplie de conséquences.

Ne pensez pas que vos activités soient limitées à celles qui sont considérées appartenir à cette voie spirituelle reçue de Bapak qui fut la première personne à la recevoir, avec toute sa signification et son contenu.

Par exemple, pendant que vous participez à vos activités de ce monde, il se peut que vous fassiez face à quelque chose qui nuise à votre propre croissance. Car le but du Subud, qui est de faire le latihan, est d'être conduit par Dieu à redécouvrir votre vrai moi, votre être éternel qui a longtemps été dominé et obscurci par les autres influences, aussi bien de votre environnement que de vos ancêtres.

Ainsi, grâce à cet entraînement spirituel, Dieu vous donne l'occasion de découvrir votre vrai moi, celui que vous-même ne connaissez pas, alors que vous ne savez pas où chercher pour le découvrir.

Prenez, par exemple, l'influence ou l'effet qu'ont à notre époque les drogues illégales, qui ne vous sont pas étrangères, et qui non seulement dominent et ont atteint les adolescents, mais aussi les enfants. Cela leur cause de grandes souffrances, parce que l'effet de ces drogues est d'endommager ou d'affaiblir le système nerveux et de diminuer la volonté de vivre, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus le contrôler.

Si nous, du Subud, ne fuyons pas les drogues, qu'arrivera-t-il à la génération à venir ? J'espère que aucun de vous, jeunes gens, ne deviendrez les esclaves des drogues.

Parce que le Subud, ou cet entraînement, exige la conscience totale de chacun. Ce n'est qu'en pleine conscience que vous pouvez être conscient de ce que Dieu vous donne.

Je soulève cette question parce qu'il semble, et j'espère que cela n'est pas le cas ici, que bien des jeunes subudiens, outre-mer, font usage de drogues avant de faire le latihan. Ils trouvent que s'ils prennent des drogues avant le latihan, leur latihan est «fort».

Si vous observez superficiellement, il semble ne pas y avoir de problème, et ils pensent qu'il n'y a rien de mal à cela. Tout ce dont ils sont conscients, c'est qu'ils font un « bon » latihan et qu'il est agréable. Mais ils ne savent pas « qui» rend leur latihan agréable ou « qui» le rend fort.

Il est évident que ce qui s'exprime dans leur latihan n'est plus le pouvoir de Dieu qui les touche, mais le pouvoir de la matière qui se manifeste dans les drogues.

Naturellement, il n'est pas facile pour les membres plus âgés de conseiller ou de faire des reproches à ces jeunes gens. Car les jeunes prétendent que leurs mouvements ne viennent pas de leur volonté, mais se produisent spontanément. Mais comme je l'ai dit tout-à-l'heure, bien que les mouvements qui se produisent spontanément pendant le latihan soient causés par Dieu, ce qui est atteint par Dieu ou ce que Dieu peut atteindre n'est peut-être pas encore votre âme. Il ne s'agit peut-être que de l'effet de la touche divine sur les forces inférieures en vous. Vous ne pouvez donc pas être certains que ce qui ressort de votre latihan vient définitivement de Dieu. Il se peut que ce soit encore la purification de ces forces.

C'est pourquoi nous disons que le latihan n'a pas de fin, parce que nous avons encore beaucoup de travail à faire avant de pouvoir rétablir dans ses fonctions chaque partie de notre être qui nous appartient vraiment comme être humain. Pour vous, donc, jeunes gens, restez à l'écart des influences qui ne sont pas bonnes, qui menacent la croissance de votre âme.

À mesure que votre latihan progresse, soyez attentifs à la lumière qui brille au sein de chacun de vous. Et plus tard vous obtiendrez la preuve du résultat réel de tous vos sacrifices et efforts sincères et vous trouverez un moyen de créer quelque chose d'inattendu ou de faire en sorte que votre travail donne des résultats.

Et ensuite un talent émergera, talent que vous sentirez vous-mêmes puisqu'il se manifestera dans votre comportement. Et le talent se développera selon votre vraie vocation, par exemple en éducation ou dans les domaines de la culture ou de l'art, etc. C'est ce que vous, à titre de membres du Subud, devez posséder pour pouvoir créer ou faire quelque chose qui soit en accord avec votre vrai moi.

Ce talent se développera de lui-même. Il se développera en accord avec votre capacité authentique. Vous sentirez alors ce qu'est cette capacité et que ce que vous aimez faire ou ce qui vous rend heureux vient de votre propre moi.

Il n'en sera pas comme il en est maintenant : que lorsque les gens entendent parler des talents, ils m'écrivent pour me demander quel est leur talent. Si je devais dire à chacun de vous quel est son talent, alors qu'il y a maintenant des milliers de membres, je n'aurais plus de temps du tout.

De plus, c'est un lourd fardeau pour moi, parce que pour faire ce travail je dois ressentir ce que vous ressentez ; je dois devenir comme vous. Si vous y pensez, c'est impossible. Mais si je dis aux membres que je ne peux pas le faire, ils ne me croient pas et disent : «Mais Ibu, tu es proche de Dieu, c'est si facile. Tu n'as qu'à demander à Dieu !» Eh ! Bien, il n'en est pas ainsi.

Donc, si vous voulez savoir quel est votre talent, comme je viens de l'expliquer, ne me le demandez pas. Cherchez en vous pour trouver ce talent qui y est dissimulé. Oui, vous devez y travailler. Vous n'avez pas le droit de prendre des raccourcis : «Oh ! Plutôt que d'attendre pendant des années, je vais simplement demander à Ibu Rahayu, de cette façon c'est plus rapide.»

Il y a même une école qui me demande quels sont les talents de ses étudiants !

Il s'agit de parents ayant de jeunes enfants et ils me demandent quel est le talent de leur enfant. En réalité, il ne m'est pas possible de leur répondre, mais si je ne répond pas, la personne en question va se décourager. Encore davantage s'il s'agit d'une jeune personne qui est déjà découragée et qui ne sait que faire de sa vie.

Mais parce que je me sens responsable, même si cela est difficile pour moi, je le fais pour quelques personnes, une ou deux ou bien dix. Mais pas s'il s'agit de centaines ; je ne suis pas disponible pour cela, surtout parce que je suis maintenant âgée. J'ai plus de soixante-dix ans.

Partagez donc ce travail avec moi pour que vous vous sentiez responsables de la recherche de votre propre talent. Et pour ce faire, vous avez besoin du latihan. Alors, par vos activités de jeunes vous pouvez essayer ce qui peut devenir votre talent. Même si vous ne pouvez pas dire quel est votre talent, vous pouvez découvrir la direction à prendre. Développez-le et travaillez-le avec vos amis pour créer quelque chose qui vous aidera, vous et vos amis. Alors vous serez satisfaits que ce que vous faites est le résultat du latihan, de la guidée de Dieu.

Par exemple, prenez le sport. De nos jours, les arts martiaux sont populaires, ici et outre-mer. Mais pourquoi n'y a-t-il personne dans le Subud qui y soit habile ou y soit intéressé, pour que la pratique en soit comme un latihan ?

Autrefois, Bapak avait développé une forme d'arts martiaux qui aidait les jeunes de cette époque. Pendant les occupations par les Hollandais et les Japonais, les jeunes n'avaient pas le droit d'avoir des activités communes ni de se réunir. Mais Bapak, étant instructeur d'arts martiaux, avait été désigné pour enseigner ces arts aux jeunes.

Bapak faisait alors une forme d'arts martiaux qui, essentiellement, était comme le latihan en ce que les mouvements étaient guidés par le pouvoir de Dieu, de sorte que cet entraînement ne nuisait pas à l'âme.

Mais de nos jours les écoles d'arts martiaux font de la compétition les unes contre les autres pour voir qui est la plus forte. Mais elles ne savent pas d'où leur vient leur pouvoir ni qu'il pourrait mettre en danger la croissance spirituelle de quelqu'un.

Je vous dis cela parce que nous sommes tous membres du Subud et que j'ai le devoir de dire à ceux qui vont à une école d'arts martiaux qu'ils doivent savoir comment se comporter dans ces activités extérieures. Je ne dis pas que le Subud soit meilleur, non ! Mais soyez prudents avant de choisir les activités que vous voulez poursuivre et qui sont populaires.

Frères et soeurs, j'espère que la Jeunesse du Subud deviendra un véhicule sain pour les jeunes et qu'elle aidera les autres jeunes qui ont besoin de trouver leur chemin ou de se sentir heureux, grâce à l'hommage rendu à Dieu Tout-Puissant dans le latihan.

Bien que vous soyez encore jeunes, par la grâce de Dieu vous avez été touchés par le pouvoir divin dans votre vie. J'espère que ce que vous faites maintenant aidera à la préparation du congrès mondial, de sorte que les jeunes de l'Indonésie puissent être un modèle, ou un ami, ou un exemple pour les autres jeunes. Je pense que cela est suffisant comme sujet.

Veuillez me pardonner si certaines de mes paroles ont pu vous déranger ou ne pas répondre à vos besoins.

Puisse la paix et les bienfaits de Dieu Tout-Puissant être avec vous. *

[Le présent texte en français est traduit de la traduction anglaise provisoire, elle-même traduite de l'indonésien.]