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Réponses d'Ibu Rahayu
données à Lewes,
Angleterre, le 16 juin 1999
Code : 99 LWE 1
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en format PDF
(Traduction anglaise approuvée(1)) (Note)
IBU RAHAYU : (En indonésien) MERCI BEAUCOUP DE l'attention que vous nous avez consacrée pendant notre séjour ici. Je sais que beaucoup d'entre vous êtes venus de loin et que vous sentiez la nécessité d'être ici. J'ai naturellement été ravie de faire le latihan avec vous et je pouvais sentir de la joie pendant le latihan. J'espère que vous l'avez aussi sentie. Mon latihan fut merveilleux ; il s'y trouvait un sentiment de rapprochement et j'espère que vous vous sentez toujours ainsi quand vous faites le latihan ensemble.
Je vous souhaite d'avoir régulièrement de ces rencontres pour vous aider les uns les autres. Sur ce chemin spirituel nous avons besoin de faire le latihan ensemble pour nous aider mutuellement. Nous nous aidons à mesure que nous grandissons spirituellement. Avec le latihan, il n'est pas suffisant de nous isoler et de le faire seuls. Car quand nous nous trouvons ensemble, surgit alors une énergie qui éveille notre désir de progresser ou de faire quelque chose pour aider à la croissance du Subud.
Je pense que ce n'est pas le moment maintenant de donner une causerie, mais si quelqu'un a des questions, cela peut permettre de créer une atmosphère propice à la discussion plus profonde des problèmes. Mais autant que possible, limitez vos questions au développement spirituel, ne soulevez pas de problèmes personnels et ne posez pas de questions sur vos propres expériences... nous sommes ici pour nous détendre.
QUESTION : Il s'agit vraiment d'une question sérieuse, parce qu'elle concerne les jeunes et mon sentiment vient de mes conversations avec mes propres enfants et avec leurs amis. Il s'agit notamment que leur vie change très rapidement, très rapidement même pour eux parce que tant de problèmes doivent trouver solution très rapidement. Et d'une façon, leurs vies sont très fragmentées et beaucoup d'entre eux manquent de fondement spirituel, du moins en Occident, peut-être aussi parfois en Orient, et ma question est de savoir comment devrions-nous traiter de la question du Subud avec les jeunes pour les encourager à l'essayer et à tout accepter, y compris les causeries de Bapak et l'histoire du Subud. Car beaucoup d'entre eux pensent que l'histoire n'est pas toujours nécessaire et veulent aller rapidement de l'avant. Je me trouve ni plus ni moins entre les deux ; j'ai mes propres enfants qui, si Dieu le veut, viendront au Subud plus tard, et j'ai besoin de parler en leur nom, aussi je serais très reconnaissante de recevoir vos conseils... Merci.
IBU RAHAYU : Oui, ce problème n'est pas particulier à l'Occident, c'est aussi un problème en Indonésie. Il semble que les jeunes ne soient pas intéressés aux questions spirituelles. Ils préfèrent souvent quelque chose de réel, de plus facile à comprendre. Eh bien ! Il y a plusieurs manières de voir à cela, mais tout dépend des circonstances. Par exemple, bien des enfants des membres subudiens ne viennent pas au Subud à cause du manque de renseignements par les parents à ce sujet. Peut-être les parents étaient-ils gênés par rapport au Subud ou peut-être manquaient-ils de confiance en eux-mêmes ?
Comme je l'ai mentionné auparavant, si les parents donnent le bon exemple, les enfants les suivront alors volontiers et comprendront. Mais si les parents poussent les enfants à faire quelque chose qui ne soit pas le reflet de ce qui se passe à la maison, les enfants vont le rejeter. Il est donc grand temps de trouver un comportement pour que les enfants des membres puissent avoir le sentiment que le Subud est pour eux ; par exemple par les rencontres subudiennes, par les divertissements ou divers genres de clubs où on peut faire toutes sortes de choses, de la peinture, etc.
Car souvent ces enfants ne comprennent pas ce qu'est le Subud et ce qu'on attend d'eux. Ils ont le sentiment que, s'ils joignent le Subud, ils n'auront pas le droit de faire ceci ou cela et qu'on les empêchera de faire l'expérience de choses nouvelles qu'ils ne connaissent pas encore. En effet, ils ont besoin de faire l'expérience de la vie. C'est bien s'ils peuvent faire cette expérience, pourvu qu'ils soient guidés.
Donc, si possible, nous devons offrir des activités pour attirer ces jeunes au Subud. Par exemple, organiser des rencontres ou des séminaires. Souvent ces jeunes ont besoin d'une compréhension à laquelle ils puissent se fier dans leur vie, mais ils ne savent pas en qui avoir confiance. Pour répondre à cela, il faut faire des efforts authentiques et cela requiert de l'argent et, quant aux membres plus anciens, qu'ils en prennent la responsabilité. Car si nous voulons aider les jeunes, nous ne devons pas agir à moitié. En les guidant, nous devons être capables d'éveiller en eux leur conscience pour qu'ils commencent à se sentir responsables d'eux-mêmes. [Son de la bande inaudible.]... Pour les orienter dans cette direction, pour les intéresser... plusieurs enfants sont intéressés aux sports et il y a plusieurs types de clubs sportifs, tels les arts martiaux, etc. Donc, s'il y a des membres habiles dans ce domaine, commencez par cela. Plus tard, petit à petit, vous pourrez parler du Subud. Voilà la manière d'agir.
C'est tout ce que je peux dire, parce que je ne suis pas magicienne pour faire que quelqu'un qui n'est pas dans le Subud veuille soudain y venir.
QUESTION : J'élève mes enfants seule depuis qu'ils sont tout jeunes, et il y a aussi dans mon groupe plusieurs femmes qui élèvent aussi leurs enfants seules. Je m'inquiète souvent, et j'ai parlé avec d'autres femmes qui s'inquiètent aussi, du fait que nous sommes les seules à leur donner régulièrement, sur les plans matériel et spirituel. Je me demande s'il y a quelque chose à faire pour compenser ce manque (de présence masculine (2)), et si les enfants peuvent peut-être le trouver ailleurs dans la communauté... Pour le moment, ils vont à l'extérieur et trouvent ce qu'ils peuvent, où ils peuvent, mais les choses ne se passent pas toujours comme je le souhaiterais. Je ressens donc une responsabilité incroyable... et je suis peut-être trop attentive envers mes enfants ou je les guide peut-être trop... il y a aussi de cela. Peut-on vraiment en faire trop ? ... Je suppose que je ne peux pas combler leur besoin spirituel par moi-même, je sais cela, mais y a-t-il quelque chose que vous puissiez dire, voir ou sentir qui pourrait aider celles d'entre nous qui agissons seules continuellement ?
IBU RAHAYU : Peut-être qu'Ibu Yati va partager son expérience avec vous, attendu que son mari est décédé quand ses enfants étaient tout petits. Comment élève-t-on ses enfants de manière à ce qu'ils ne se sentent pas dénués et ne perdent pas leur orientation dans la vie ? Peux-tu expliquer cela ?
IBU YATI : (En anglais) Je vais faire de mon mieux. Je fais évidemment le latihan ; je me sens toujours dans une atmosphère de latihan dans une famille pleine d'amour... C'est comme pour faire n'importe quoi, il faut s'engager. Vous engager, quelle que soit votre condition : que vous soyez parent unique ou mère aussi bien que père. Si vous avez des enfants, vous devez vous en occuper. Comme Ibu Rahayu vient de le dire, il est très important de donner l'exemple. Quant à moi, je trouve que c'est ce qui est le plus difficile : donner le bon exemple à nos enfants. Et pour ce faire, je demande évidemment la guidée de Dieu pour ma façon d'agir avec eux dans tout cela...
Il m'arrive de me tromper, mais dans l'ensemble je sens la force et la confiance venant de ce que Dieu est toujours rempli de miséricorde et qu'il pardonne. C'est ce que j'ai fait, et je remercie Dieu que le temps passe ! Mes quatre enfants sont maintenant mariés et j'ai des petits-enfants. Mais par-dessus tout, je dois remercier Bapak pour sa protection, son amour et tout le reste.
Donc si vous trouvez cela difficile, vous pouvez toujours demander à Dieu sa guidée et son aide. D'une manière ou d'une autre, vous recevrez toujours une force supplémentaire. Voilà comment la chose se présente : plus vous avez de problèmes, plus souvent vous devez prier. Et de plus en plus souvent. C'est ainsi que vous en viendrez à bout. Bien sûr, je ne suis qu'un être humain et il m'est arrivé de me dire : « Oh! Mon Dieu ! Je ne peux tout simplement pas leur dire 'vous devez faire ceci' ou ' vous ne devez pas faire cela'. Je dois d'abord faire moi-même ce que je dis. » Mon Dieu ! C'était sans cesse comme cela. Le latihan est comme... Oh ! Plus que tout autre chose.
IBU RAHAYU : Voilà l'expérience de la mère d'une famille monoparentale. Qu'il y ait un ou deux parents, l'enfant est la responsabilité du/des parents. Si le père n'est pas là, la mère doit alors être responsable des enfants. Elle est responsable d'aider les enfants à devenir de bonnes personnes et à trouver la bonne voie. Cela est pour leur propre bien et pour leur rendre la vie plus facile.
Oui, comme mère vous devez être forte. Cela suppose une responsabilité continuelle. Vous avez deux devoirs : votre devoir envers vous-même de rester forte, et le devoir d'élever vos enfants pour qu'ils soient de bonnes personnes. Donc, si possible, les enfants doivent être guidés dès leur jeune âge. Mais guider ne veut pas dire que vous allez les empêcher de tout faire. Ils ont besoin d'être dirigés vers la bonne voie, parce que s'ils se trompent dès le début, il est très difficile de les faire changer plus tard.
IBU YATI : Il arrive que nos enfants soient notre maître. Je me souviens de la fois où mon aîné m'a dit: « Ibu, pourquoi dis-tu 'Non' ? » À partir de ce moment-là, j'ai réfléchi très fort pour trouver autre chose à leur dire au lieu de 'Non'. Il fallait que je trouve une bonne expression, comme : « Ne fais pas cela ! » [Éclats de rire rendant le son de la bande inaudible...]
Il nous faudrait commencer tôt, très tôt, dès que vous le pouvez, pour les rassurer que vous les aimez... et alors tout peut changer, parce que si vous leur montrez de l'amour, ils seront certains d'être aimés ; qu'ils reçoivent votre amour. Il m'arrivait de leur dire: « Écoutez, nous pouvons faire n'importe quoi. » Mais je dois dire ceci et cela est très important et cela c'est personnel : mais ils m'aiment encore... Peut-être que c'est compliqué, mais c'est une manière agréable de s'y prendre avec les enfants.
QUESTION : Nous avons ici, au groupe de Lewes, un très bon bulletin et dans le dernier numéro il y avait un article, je ne me souviens pas qui l'a écrit, mais cet article parlait principalement de l'expérience d'une femme avec les nouveaux membres. Elle a remarqué que certaines personnes peuvent vouloir recevoir le latihan, mais ne veulent pas nécessairement être membre du Subud ; c'est-à-dire faire partie de notre petit 'club'. Mais nous ne leur donnons vraiment pas le choix, à part venir à notre 'club', et je me demandais si vous aviez quelque chose à dire à ce sujet...
IBU RAHAYU : Eh ! Bien, il s'agit d'un cheminement spirituel, aussi quiconque veut venir au Subud doit évidemment devenir membre de l'organisation. En devenant membre de l'organisation, il faut suivre les règles de l'organisation. Si nous laissons tous ceux qui veulent recevoir le contact suivre leur bonhomme de chemin, cela serait en fait dangereux pour eux. Parce que cette voie spirituelle n'est pas là pour trouver solution à un problème particulier ; les personnes ouvertes vont grandir d'une manière qu'elles ne comprendront pas. Si elles ne font pas partie d'un groupe et qu'elles cheminent seules, sans avoir de juste guidée, il peut très facilement arriver qu'une fois ouvertes elles fassent quelque chose qui ne soit pas juste et qui leur fasse tort. Le Subud ne serait ainsi pas une aide pour elles. De plus, des personnes ouvertes de cette façon peuvent en ouvrir d'autres. Si nous laissons cela se produire, c'est alors comme si nous ne nous préoccupions pas du Subud, que nous le laissions aller à lui-même.
Quant à la personne qui a soulevé cette question, qui a écrit l'article, [elle devrait pouvoir] expliquer [les choses] clairement aux personnes intéressées au Subud. On ne peut laisser les choses se passer de la sorte, où la personne qui veut recevoir le latihan ne veut pas devenir membre du Subud. Il faudrait lui expliquer plus clairement ce à quoi elle doit s'attendre. Il s'agit donc d'une chose inachevée ; on n'est pas allé assez loin. C'est inachevé et la personne qui a écrit à ce sujet doit s'attaquer au problème, puisqu'elle l'a soulevé. Et s'il n'y a personne d'autre qui puisse donner des explications, il lui faut donc expliquer ce qui doit être expliqué.
QUESTION/COMMENTAIRE : L'article ne disait pas qu'ils avaient refusé le Subud et avaient rejeté l'organisation; je pense qu'au début ils étaient intéressés aussi par l'organisation, mais quand ils sont venus au groupe ils en ont été éloignés par le comportement des membres...
QUESTION/COMMENTAIRE : L'article a été écrit par Hermione Elliott, et la question qu'elle soulevait en réalité était qu'elle est elle-même embarrassée de présenter les gens intéressés au Subud aux aides. Elle en a emmenés pour qu'ils rencontrent les aides et ces personnes furent vraiment déconcertées ; elles ne furent pas traitées, dès le début, avec sensibilité ni avec un certain degré de compréhension spirituelle. Elle dit que les aides parlaient beaucoup en utilisant le 'jargon' subudien notre langage 'à la mode' (N.d.T. : kejiwaan, selamatan, jiwa, hakekat, et autres mots inconnus de la majorité des gens.) Je pense que c'était là le vrai sujet de son article...
IBU RAHAYU : Oui, en réalité c'est là le travail des aides. Ce n'est pas un problème qui doive être traité ici, c'est la même chose partout. Si nous désirons voir des gens s'intéresser au Subud... la porte d'accès au Subud est représentée par les aides. Si les aides peuvent donner de bonnes explications et peuvent réellement remplir leurs responsabilités, alors il y aura beaucoup de gens intéressés au Subud.
La vérité, c'est que lorsque les gens lisent une brochure sur le Subud qui raconte que le Subud est comme ceci et comme cela, aussitôt qu'ils lisent cela, ils sont intéressés. Mais ensuite, avant d'être ouverts, quand ils vont aux rencontres des candidats, ils rencontrent un aide qui n'arrive pas à bien expliquer le Subud, et alors cet aide devient un obstacle. Au lieu d'ouvrir la voie, l'aide devient un obstacle. Les aides devraient comprendre cela.
C'est pourquoi, en réalité, les aides qui donnent des explications ont besoin de lire la guidée de Bapak sur la manière d'ouvrir les sentiments d'une personne qui veut venir au Subud. Les aides ne devraient pas accorder trop d'importance à leurs propres opinions et expériences. Par exemple, l'aide qui est sensé expliquer ce qu'est le Subud, mais qui parle de ses propres expériences : « Dès que vous aurez commencé le latihan vous serez comme ceci et comme cela et vous ne pourrez pas faire ceci ou cela... » Ce genre d'explications n'est pas juste. Ne parlez pas que de vos expériences de sorte que vous ne mentionniez que votre propre cheminement. Par exemple, si vous dites : « Je ne me suis pas entendue avec mon mari... » et qu'ensuite vous disiez : « Plus tard, vous trouverez votre vrai partenaire subudien. » Des choses comme cela. Alors vous effrayez le candidat. Cela ne lui donne pas confiance ; cela sème le doute. Et c'est souvent ce qui arrive.
QUESTION : Il existe une tendance parmi un certain nombre d'aides, pas chez tous bien sûr, selon laquelle il ne serait pas nécessaire d'écouter les conférences ou de suivre les conseils de Bapak ; qu'ils ne sont pas les aides de Bapak mais les aides d'un groupe et que, à ce titre, ils ne font que suivre ce qu'ils reçoivent. Ils ne voient pas la nécessité de s'occuper de ce Bapak a dit.
IBU RAHAYU : Oui, j'entends souvent cela. Beaucoup de gens disent que puisque nous faisons le latihan, nous n'avons plus besoin de nous occuper de Bapak. Mais la vérité, c'est que nous n'avons ce latihan et nous ne pouvons le faire que grâce à Bapak. Bapak fut le premier à recevoir ce contact. Pourquoi Dieu l'a-t-Il donné à Bapak ? Nous devons être conscients que c'est Dieu qui a choisi Bapak. Nous n'étions pas là. Nous connaissons le Subud grâce à Bapak.
C'est donc que Dieu a choisi Bapak pour recevoir ce contact et pour le transmettre à nous tous. Pourquoi donc Dieu a-t-Il choisi Bapak ? Peut-être parce que Dieu savait que Bapak avait la capacité de recevoir le latihan, parce que quand Bapak parlait, c'était par la volonté de Dieu. Mais si nous déclarons maintenant que nous pouvons être comme Bapak, [vous devez vous souvenir] que vous pouvez faire ce latihan grâce à Bapak. Vous ne l'avez pas reçu directement par Dieu. Cela signifie peut-être que si Dieu vous l'avait donné directement, vous n'auriez alors pas été assez fort, parce que vous êtes encore en croissance ; vous vous développez encore. C'est pourquoi vous avez besoin des conseils de Bapak, autant pour vous-mêmes que pour aider les autres. C'est le premier point.
En deuxième lieu, quand vous faites votre devoir d'aide, vous n'êtes pas l'aide de Dieu. Non, vous continuez l'oeuvre de Bapak. Si vous ignorez la guidée de cette source, qui est Bapak, comment pouvez-vous dire si ce que vous recevez est juste ou non ? Il existe une connexion avec Bapak et il y en aura toujours une.
Tout serait différent si vous aviez reçu quelque chose directement de Dieu, sans avoir passé par le Subud. Alors vous pourriez dire que vous n'avez pas besoin du Subud. Mais aussi longtemps que vous recevrez ce latihan grâce à Bapak, grâce au Subud, vous devrez alors suivre les lignes directrices du Subud.
QUESTION : Maintenant, ce que vous venez de dire, Ibu Rahayu, crée de la confusion parce que Bapak a souvent dit que ce qui compte, c'est notre compréhension à chacun de nous, et non pas ce que Bapak dit. Vous vous souvenez que Bapak a dit cela ?
IBU RAHAYU : Bon, pour nous c'est le lien qui nous connecte [à Dieu]. Si notre adoration de Dieu nous était venue directement de Dieu, alors tout serait différent ; mais nous avons reçu le latihan grâce à Bapak. Le contact, ce contact vient de Dieu et directement de Dieu, pas de Bapak. Aussi ne devons-nous pas rendre hommage à Bapak. Mais le premier à recevoir ce contact et à le transmettre fut Bapak. Il [nous] a donc ouvert la voie pour recevoir le contact.
Et maintenant, les aides le transmettent aux gens, mais nous ne rendons pas hommage aux aides. Nous rendons hommage à Dieu. L'adoration de Dieu est directe parce que le pouvoir de Dieu [est en nous], pas seulement en Bapak. Mais c'est Bapak et personne d'autre qui l'a reçu en premier. Oui, il peut y en avoir eu d'autres, mais dans le cas du Subud, Bapak fut le premier.
QUESTION : Je m'excuse, mais ce que je veux dire c'est que les gens ont relevé cette déclaration de Bapak dans ses conférences selon laquelle nous devons nous développer selon notre propre compréhension, pas seulement selon ce que Bapak dit. C'est l'une des choses que les gens trouvent si attirantes dans le Subud ; en réalité, ils ne veulent pas avoir un livre de règles où l'on dit : « Bapak a dit ceci, et Bapak a dit cela... »
IBU RAHAYU : En réalité ce n'est qu'une question de technique, [la manière dont vous le dites]. Par exemple, si « Bapak a dit ceci... » cela signifie que cela nous est nécessaire, mais je ne veux pas dire que les aides devraient seulement dire : « Bapak a dit... ». Vous devriez pouvoir le dire en vos propres mots, mais d'une façon qui ne soit pas en contradiction avec Bapak ou les lignes directrices de Bapak.
Je ne pense pas que vous ayez à répéter exactement ce que Bapak a dit. Les aides doivent pouvoir utiliser leurs propres mots et cela fait partie des compétences d'un aide et de pouvoir s'occuper des gens. Vous devriez pouvoir unir votre sentiment avec celui de la personne dont vous vous occupez. Vous n'avez pas besoin de dire: « Bapak a dit cela, Bapak a dit cela. » Cela n'est pas nécessaire ; je ne fais pas cela non plus. Vous devez agir selon votre sentiment ; sentez-le par votre latihan. Alors la réponse viendra d'elle-même sur ce qui est juste et ce qui doit être suivi.
Il y a beaucoup de discussions parmi les aides, discussions sur des questions spirituelles qui ne peuvent pas être résolues avec notre intellect. Plus nous utilisons notre intellect, moins nous sommes capables d'arriver à la solution, et plus nous devenons confus. Nous devons donc simplement ressentir ce qui se passe en utilisant notre sentiment, comme lorsque nous faisons le latihan. Quand nous essayons de résoudre des problèmes, nous devons avoir un sentiment d'unité. Ce n'est qu'alors que nous pouvons atteindre l'harmonie. Mais si nous travaillons encore à nos problèmes avec l'intellect, ils ne trouveront jamais solution. Et nous voyons alors les gens dire : « J'ai raison et tu as tort ! » Il n'y a alors aucune unité parmi les aides.
Quand les gens hors du Subud le considèrent et voient qu'il n'y a pas d'unité entre les aides pour s'occuper des problèmes ou des questions spirituelles, comment peuvent-ils avoir confiance en nous ? C'est encore pire si nous déclarons que ce que nous recevons est juste, que cela vient de Dieu ; quelqu'un dira alors que ce qu'il a reçu est juste parce que cela vient aussi de Dieu. Voilà ce qui crée le doute chez les gens de l'extérieur.
Ce n'est pas leur faute. C'est surtout notre propre faute. Nous ne donnons pas le bon exemple. Et alors ceux qui désirent le latihan, ceux qui désirent ce qu'ils ne peuvent trouver nulle part ailleurs se sentent entravés et l'organisation du Subud semble être un obstacle pour ces personnes qui veulent recevoir la grâce de Dieu.
QUESTION : Puis-je seulement mentionner l'expérience d'un jeune médecin de Blackwood ? Il prenait le thé, il y a environ deux semaines...et cette révélation lui est venue. Ce frère a pour ainsi dire tout changé ; il a dit: « Je viens de recevoir que Bapak est vivant ! » et il avait vraiment l'air illuminé... C'est cette sorte d'expérience, n'est-ce pas, et je suis vraiment heureuse pour les mamans et les nourrissons de Blackwood ; cela avait une telle note de vérité.
IBU RAHAYU : Cela est vraiment un témoignage. Bien des membres, en bien des lieux différents, ont pu être témoins. En fait plusieurs membres peuvent témoigner que de suivre la guidée de Bapak est bien ce qui doit être fait, parce nous avons reçu le latihan grâce à Bapak. Il y a bien des preuves, mais beaucoup de personnes préfèrent garder le silence. Nous ne pouvons pas [les forcer] à le dire à tout le monde.
Et je sais que cela [le rejet de la guidée de Bapak] est habituellement exprimé par des gens qui ne sont pas encore capables de recevoir ou de témoigner ou par des jeunes qui viennent de recevoir le latihan. Bon, c'est suffisant.
Voilà ma réponse. Cela peut arriver quand nous écoutons les autres, alors que nous sommes nous-mêmes encore en développement. Mais en attendant, nous sommes responsables de la croissance du Subud, nous sommes responsables du Subud. Si, à mesure que le Subud grandit, il n'y a pas de clarté et de continuité, il sera toujours chaotique. Même si Bapak était ici pour nous guider, nous nous disputerions. Qu'en serait-il donc si nous ne suivions pas sa guidée ?
Je ne veux pas dire que vous deviez suivre tout ce que Bapak dit ; c'est à vous de décider. Mais essayez d'y prêter attention parce que vous êtes encore en croissance. Sans rien à quoi vous rattacher, vous pourriez tomber ou être poussé ici ou là. C'est beaucoup plus facile pour vous si vous pouvez vous référer à quelque chose. Mais si vous pensez : « Oh ! Je peux déjà me tenir debout... », alors si vous tombez, vous tomberez vraiment.
(1) Deuxième traduction anglaise par Raymond Lee et vérification par Sharif Horthy.
(2) Précision fournie par Sharif Horthy, suite à la demande du traducteur.
Traduction française par Michel Rousseau - septembre 1999.
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